Axe a
Agriculture extractive
Agroécologie
Sortir des intrants chimiques, fermer les cycles de nutriments, diversifier les productions, mobiliser l'agroforesterie - sans renoncer à la productivité.
01 · Le pays bascule
Ce que le projet ARTS a cherché, dans un Sénégal en mouvement. Contexte, méthode, théorie du changement.
Vidéo de présentation
Avant d'inventorier ce qui se fait, avant de mettre les futurs en scène, avant de mesurer ce qui change : poser ce que ce projet a cherché à faire, et pourquoi.
ARTS - Agroecology for Resilient Territories in Senegal - est un projet de recherche-action transdisciplinaire mené de 2023 à 2026 dans deux territoires sénégalais en pleine mutation : Bignona en Casamance, et la zone du bassin versant du Bas-Somone (département de Mbour). Financé par le Fonds national suisse (FNS) et la Direction du développement et de la coopération suisse (DDC) dans le cadre du programme SOR4D, il combine recherche scientifique, méthodes participatives et création artistique.
Le projet répond à un constat partagé : malgré une dynamique régionale autour de l'agroécologie, les expériences réussies au Sahel restent souvent des « îlots de réussite » à l'échelle d'une parcelle ou d'un village. Faute d'articulation politique, de gouvernance des ressources communes et de stratégies de communication culturellement ancrées, ces expériences peinent à se généraliser. ARTS fait l'hypothèse que la re-territorialisation des systèmes alimentaires - ouverte aux producteur.ices, élu.es, jeunes, femmes, chercheur.es, artistes - est l'une des voies les plus prometteuses pour sortir de cette impasse.
Ce qu'ARTS vise
Objectif général
Contribuer à des systèmes alimentaires plus durables et plus justes au Sénégal.
Objectif spécifique
Co-construire des savoirs, méthodes et outils transdisciplinaires - en croisant sciences sociales de l'environnement et méthodes participatives à base artistique - pour faciliter les transitions vers des systèmes alimentaires territorialisés agroécologiques (ATFS) plus durables et plus équitables.
Cet objectif spécifique se décline en trois résultats visés (outcomes) qui structurent la théorie du changement du projet : (1) des trajectoires de transition co-construites, (2) une gouvernance territoriale renforcée, et (3) une perception transformée de l'agroécologie chez les consommateur.ices, médias et décideur.ses. Le détail se trouve dans le cadre logique.
Contribution aux Objectifs de développement durable
Cadre conceptuel
Les systèmes alimentaires globalisés et reterritorialisés sont des idéaux-types - la réalité est toujours hybride. ARTS mesure le degré de transition vers des systèmes territorialisés agroécologiques selon cinq axes simultanés.
Axe a
Agriculture extractive
Agroécologie
Sortir des intrants chimiques, fermer les cycles de nutriments, diversifier les productions, mobiliser l'agroforesterie - sans renoncer à la productivité.
Axe b
Concentration du pouvoir
Gouvernance inclusive
Ouvrir les arènes de décision aux producteur.ices, consommateur.ices, élu.es, société civile. Multiplier les lieux où la transition se négocie collectivement.
Axe c
Marchandisation
Communs
Protéger et revitaliser les communs - terres, semences, eau, savoirs, institutions communautaires - face à la commodification des ressources et du travail.
Axe d
Conflit productif / reproductif
Réconciliation
Reconnaître la valeur du travail non monétaire, de l'agriculture de subsistance, de la préparation alimentaire. Co-responsabilité dans le soin domestique et le terroir.
Axe e
Vulnérabilité aux chocs
Territoires souverains
Réduire la dépendance aux flux globaux (intrants, marchés, capitaux). Bâtir des territoires résilients sur des valeurs partagées, des traditions et des savoirs locaux.
Démarche scientifique
Trois questions de recherche traversent le projet. Pour y répondre, ARTS croise trois lignes de recherche complémentaires - une géographie de l'environnement, une socio-anthropologie de la gouvernance, et une agroécologie féministe.
RQ1
Quels sont les leviers et freins systémiques, institutionnels et contextuels du changement vers des systèmes alimentaires territorialisés durables et équitables ?
RQ2
Comment co-construire des scénarios et trajectoires de transformation pertinents pour le contexte local ?
RQ3
Quels outils de communication et stratégies de plaidoyer peuvent peser dans les arènes politiques et délibératives, et transformer les imaginaires collectifs ?
Interactions humains-nature à l'échelle des paysages : accès au foncier, usage des sols, couverture forestière, télécouplage. Cartographie participative + SIG + télédétection.
GIUB-UNIBE (Sébastien Boillat, Jean-David Gerber)
Comment les acteurs forment, appliquent et réforment les règles qui gouvernent les systèmes alimentaires. Pouvoir, droits de propriété, action collective, plateformes multi-acteurs.
GIUB-UNIBE + IPAR (Patrick Bottazzi, Sidy Tounkara)
Croiser écoféminisme et féminisme décolonial : penser le travail reproductif, l'accès aux ressources et la place des femmes dans les décisions. Théâtre forum comme méthode d'inclusion.
GIUB-UNIBE + ENDA PRONAT (Ana Dorrego, Pauline Ndiaye)
Méthode
ARTS ne procède pas en cascade. Diagnostic, co-design, expérimentation et évaluation s'entrelacent, dans deux living labs qui apprennent l'un de l'autre. Le théâtre forum et les arts traversent toutes les phases.
Plateformes multi-acteurs existantes (DyTAES, DyTAEL), rôles, responsabilités, complémentarités. Cadrage commun.
Caractériser les systèmes alimentaires à l'échelle territoriale : foncier, gouvernance, travail, cartographie participative.
Théâtre forum, jeux sérieux, photo et vidéo participatives. Co-construire des scénarios désirables.
Dialogues délibératifs avec société civile, collectivités, gouvernements. Vision commune, plan d'actions.
Comité de pilotage scientifique et non-scientifique. Itération sur les diagnostics et les scénarios.
Diffusion par la DyTAES, plaidoyer national, sortie des "îlots de réussite" via le maillage des DyTAEL.
Tissage continu entre savoirs scientifiques, terrains et productions artistiques. Présent à toutes les phases.
Dimension artistique
La transition agroécologique ne se joue pas seulement dans les outils techniques ou les politiques publiques. Elle se joue dans les imaginaires, les corps, les récits, les émotions. ARTS fait de la création artistique une méthode de recherche à part entière et un levier de plaidoyer - non une décoration en marge du dispositif, mais une voie d'accès à ce que les enquêtes seules ne saisissent pas.
Les corps prennent la parole autant que les voix.
Théâtre forum
Tradition Augusto Boal portée par la troupe sénégalaise Ka-Reng. Les pièces ne se regardent pas, elles se jouent : les spectateur·ices montent sur scène, proposent d'autres dénouements aux conflits du territoire.
Voir le théâtreRésidences artistiques
Bignona-Baïla, juillet 2025 : dix-sept artistes sénégalais et internationaux co-construisent un plaidoyer, puis le traduisent en œuvres - fresque, musique, caricatures, triptyque prospectif.
La résidenceScénarisation transformative
Ateliers où l'on co-construit collectivement les futurs - désirables ou à éviter - du territoire. Jeux sérieux, arbres à problèmes mis en scène, dessins en direct par l'illustratrice Oddia.
Atelier Mbour 2025Photo, vidéo, voix longues
Portraits Jambaars des héroïnes et héros de l'agroécologie, concours photo, documentaires courts, podcasts. La caméra et le micro circulent, les récits du terrain montent.
Galerie vidéoTrajectoire
ARTS ne se contente pas de décrire un état initial et un état cible. Le projet trace le chemin entre les deux - trois jalons co-construits avec les acteurs des territoires, qui font basculer progressivement le système d'une configuration à l'autre.
Système alimentaire hybride actuel
Jalon 1
Diagnostic et scénarios co-conçus
Jalon 2
Plans d'action territoriaux
Jalon 3
Stratégie commune de plaidoyer
Système alimentaire territorialisé agroécologique
Living labs
Bignona et la zone du Bas-Somone (Mbour) ont été choisis pour leur complémentarité : un territoire rural enclavé en mutation lente d'un côté, un territoire péri-urbain en pleine accélération de l'autre.
Casamance · rural
Sud du pays, ensemble écogéographique de Basse Casamance. Climat soudano-guinéen, 800-1000 mm de précipitations, plaines rizicoles, mangroves. 90% de la population vit de l'agriculture ; les autres activités sont la pêche, l'élevage, l'agroforesterie et l'exploitation forestière.
Dégradation des sols, perte de couverture forestière, salinisation, intrusion marine dans le fleuve Casamance, lent contexte post-conflit. Une DyTAEL active depuis mars 2022.
Petite Côte · péri-urbain
70 km au sud de Dakar, paysage côtier semi-aride de forêts sèches et de mangroves. Habité traditionnellement par les Sereer Safen, minorité ethnique. 500 mm de pluie annuelle ; pêche, élevage, horticulture pluviale.
Pression foncière forte (nouveau train, autoroute, aéroport), tourisme en expansion, émergence de réseaux alimentaires alternatifs. La DyTAEL Mbour-Petite Côte se construit depuis 2024.
Pour entrer dans le chapitre
Les contributions conceptuelles du projet : cadre ATFS, agroécologie territoriale, science engagée, l'art comme méthode, et la prochaine frontière (FAIRTILITY).
Le rapport final, lu d'un trait. Onze sections, quinze minutes, depuis le contexte sénégalais jusqu'aux suites du projet.
Le catalogue du projet : approche du consortium, sept dimensions de l'agroécologie, deux territoires d'intervention.
Théorie du changement, impact, outcomes et outputs. La traçabilité SOR4D, indicateurs Y1/Y2/Y3 inclus.