ARTS - Art pour l'agroécologie

Mbour, Petite Côte · 18 - 20 février 2025

L'agroécologie en scènes

Trois jours pour diagnostiquer collectivement les blocages des systèmes alimentaires de la Petite Côte, les mettre en jeu par le théâtre forum, et tracer une vision à horizon 2050.

Au cœur de la Petite-Côte du Sénégal, la transition agroécologique ne se pense pas uniquement en termes techniques. Elle s'ancre dans un territoire vivant, tissé de mémoires, de tensions et d'espoirs, soumis à une pression foncière intense et à l'effritement des ressources naturelles.

L'atelier de scénarisation transformative organisé du 18 au 20 février 2025 à Mbour s'appuie sur des méthodes participatives capables de faire émerger des futurs désirables depuis la base. Loin des épistémologies figées, la démarche mobilise l'imaginaire, les émotions, le jeu et les récits de vie. Les corps prennent la parole autant que les voix - grâce notamment au théâtre-forum et aux dessins en direct d'Oddia.

Cinq axes thématiques retenus par les participant·es : agriculture et élevage, foncier et ressources naturelles, chaînes de valeur, pêche et littoral, tourisme et économie circulaire. Pour chaque axe, l'arbre à problèmes, la matrice d'impact, puis la mise en jeu théâtrale.

Coordination et rédaction : Patrick Bottazzi, Lise Landrin, Joan Bastide.

3

Jours d'atelier

5

Groupes thématiques

5

Pièces de théâtre forum

7

Types d'action

2050

Horizon de la vision

Méthode

Sept étapes de la scénarisation transformative

Inspirée de la recherche-action participative, de la planification stratégique territoriale et du théâtre communautaire de Boal, la démarche dépasse l'approche sectorielle pour faire place à l'intelligence collective.

  1. Étape 01

    Co-identification des enjeux prioritaires

    Brainstorming collectif en plénière pour faire émerger les menaces majeures pesant sur les systèmes alimentaires de Mbour : dégradation des ressources, insécurité foncière, enclavement des filières.

  2. Étape 02

    Cinq groupes de travail thématiques

    Constitution de groupes par tirage au sort puis ajustement selon les compétences. Cinq thématiques : agriculture/élevage, foncier, chaînes de valeur, pêche, tourisme.

  3. Étape 03

    Arbre à problèmes, causes, conséquences

    Chaque groupe explore les causes profondes à l'aide de diagrammes de causalité, mettant en lumière les interdépendances entre facteurs économiques, sociaux, environnementaux et politiques.

  4. Étape 04

    Identification des actions prioritaires

    Listing des solutions à court, moyen et long terme : actions immédiates, actions structurelles, mesures de gouvernance. Acteurs responsables et conditions de mise en œuvre identifiés.

  5. Étape 05

    Hiérarchisation en scénarios

    Matrice d'impact et de faisabilité pour regrouper les actions les plus porteuses en scénarios cohérents : réalistes, ambitieux, idéaux.

  6. Étape 06

    Appropriation par le théâtre-forum

    Une journée avec la compagnie Ka-Reng : les groupes mettent en scène blocages, conflits et solutions. Le théâtre devient répétition fictionnelle du réel.

  7. Étape 07

    Vision et mission partagées

    Co-construction d'une vision à horizon 2050 centrée sur la souveraineté alimentaire, la résilience écologique et l'agroécologie. Définition de la mission de la DyTAEL Mbour.

Jour I · 18 février

Cinq groupes, cinq diagnostics

Constitué par tirage au sort puis ajusté selon les compétences, chaque groupe a exploré les causes profondes de sa thématique, puis listé les actions prioritaires à engager.

01

Agriculture et élevage

Groupe mixte (âge, sexe, ethnie, professions) débattant en wolof avec traduction en direct. Thématique large croisant enjeux techniques, économiques et de gouvernance, dans un territoire où les conflits entre agriculteur.ices et éleveur.ses sont récurrents.

Problèmes identifiés

  • · Dégradation des sols : salinisation, érosion côtière, appauvrissement par intrants chimiques et changement climatique.
  • · Accès à la terre menacé par l'agrobusiness, l'urbanisation, les malversations politiques et marabouts, ainsi que par des barrières culturelles (femmes, jeunes, ethnies).
  • · Manque de moyens financiers : les agrobusiness captent les financements et les contrats, mieux organisés et juridiquement armés.
  • · Accès aux bases productives (eau, semences biologiques, engrais naturels) cruellement insuffisant.
  • · Formation et accompagnement faibles : matériel mal distribué, aide technique pensée hors d'une vision holistique de l'agroécologie.
  • · Vol de bétail, manque de pâturage, absence des sous-préfets et chefs sur le terrain, abattage sauvage faute d'infrastructures.

Actions prioritaires

  • 01 Échanges entre le CRAFS et les DyTAEL/DyTAES pour articuler savoirs juridiques et savoirs paysans.
  • 02 Co-construction des besoins matériels par les communautés paysannes elles-mêmes, plutôt qu'en logique top-down de projet.
  • 03 Modernisation maîtrisée (accès à l'eau, réduction de la pénibilité) sans dépendance aux technologies vertes brevetées.
  • 04 Contrôle de la chaîne d'abattage (camion, restaurant) avec un label sanitaire et des sanctions.
  • 05 Application effective des lois existantes pour protéger les petit.es producteur.ices et éleveur.ses.
02

Foncier et gestion des ressources naturelles

Collectivités locales, organisations communautaires, femmes rurales, jeunes leaders, chercheurs : un groupe convaincu que le foncier est l'enjeu transversal central, traversé par accaparement, exclusion des femmes et des jeunes, pression urbaine et touristique, changement climatique.

Problèmes identifiés

  • · Accaparement et insécurité foncière : projets privés sans consultation ni compensation équitable, sentiment d'injustice chez jeunes et femmes.
  • · Défaillance des procédures de délibération : attributions opaques, influencées par les intérêts politiques et économiques.
  • · Méconnaissance des droits fonciers, faute de dispositifs accessibles d'information, d'assistance juridique et de médiation.
  • · Conflits d'usage et flou sur les délimitations entre zones agricoles, forestières, pastorales et urbaines.
  • · Dégradation accélérée des forêts, eau et sols sous l'effet d'une exploitation non contrôlée.
  • · Gouvernance foncière dominée par des figures masculines et âgées : exclusion des femmes, des jeunes et des groupes marginalisés.

Actions prioritaires

  • 01 Réforme foncière participative, intégrant femmes, jeunes et autorités coutumières dans les processus décisionnels.
  • 02 Doter les collectivités d'outils de planification foncière (SIG, plans d'affectation des sols, bases de données participatives).
  • 03 Reboisement ciblé (filaos, cocotiers, mangroves) sur les zones littorales dégradées.
  • 04 Lutte active contre l'extraction du sable marin et promotion de matériaux de construction alternatifs.
  • 05 Reconnaissance légale des droits coutumiers et soutien aux initiatives foncières portées par les femmes.
  • 06 Campagnes de sensibilisation communautaire sur les droits fonciers et plaidoyer auprès des autorités nationales et bailleurs.
03

Chaînes de valeur et accès aux marchés

Producteur.ices, jeunes entrepreneur.es, ONG, chercheur.es, responsables d'initiatives agroécologiques. Question centrale : comment structurer et valoriser des produits issus d'une agriculture durable dans une région historiquement tournée vers la pêche, aujourd'hui en crise.

Problèmes identifiés

  • · Faible disponibilité de produits agroécologiques : pas de tradition horticole comparable aux Niayes ; terres fertiles captées par l'agrobusiness pour l'exportation.
  • · Enclavement et manque d'infrastructures de transformation et de distribution, fortes pertes post-récolte.
  • · Difficultés de commercialisation et fluctuations de prix : dumping des excédents d'exportation sur les marchés locaux.
  • · Absence de stratégie marketing et de valorisation territoriale ; label « Bio Sénégal » inaccessible et perçu comme descendant.
  • · Faible sensibilisation des consommateur.ices ; potentiel inexploité auprès des classes moyennes urbaines et expatrié.es.
  • · Manque de formation en techniques de culture, planification, gestion administrative ; accès limité aux intrants biologiques.
  • · Invisibilisation des marchés alternatifs et accès difficile aux marchés nationaux.

Actions prioritaires

  • 01 Campagnes de sensibilisation sur l'intérêt des produits agroécologiques ; foires, storytelling, marketing territorial.
  • 02 Création de réseaux alternatifs de distribution et soutien aux Systèmes Participatifs de Garantie (SPG).
  • 03 Points de stockage coopératifs (chambres froides participatives), coopératives de transformation pour jeunes et femmes.
  • 04 Formations pour les acteur.ices des chaînes de valeur ; cartographie en ligne des initiatives (ex. atlas ARTS).
  • 05 Plaidoyer auprès des autorités et bailleurs pour soutenir les labels et structurer les filières.
04

Pêche et protection du littoral

Pêcheurs artisanaux, femmes transformatrices de produits halieutiques, jeunes engagés dans la conservation marine, élus locaux et techniciens. Face aux pressions sur les ressources et écosystèmes côtiers de la Petite Côte, le besoin d'une gouvernance plus équitable, durable et résiliente.

Problèmes identifiés

  • · Surexploitation des ressources halieutiques par des navires industriels parfois étrangers, à proximité des côtes, sans contrôle suffisant.
  • · Pollution du littoral : plastiques, eaux usées non traitées, rejets domestiques et industriels - menace sanitaire pour les communautés et les transformatrices.
  • · Perte de biodiversité : disparition des mangroves, herbiers, récifs ; aggravée par l'extraction de sable et l'urbanisation non contrôlée.
  • · Conditions de travail précaires : équipements vétustes, infrastructures insuffisantes (quais, hangars, eau, électricité), sécurité en mer quasi nulle.
  • · Fragmentation des groupements de pêcheurs et transformatrices, dépendance aux soutiens extérieurs, faible poids politique.
  • · Grignotage des plages de débarquement et aires de séchage par l'urbanisation, projets touristiques et immobiliers sans consultation.

Actions prioritaires

  • 01 Note de plaidoyer pour une gouvernance équitable des ressources marines ; participation accrue des petits acteurs aux décisions.
  • 02 Sensibilisation et renforcement des capacités sur les bonnes pratiques de pêche ; sanctions pour les filets non réglementaires.
  • 03 Régulation des usines de farine de poisson et promotion d'alternatives végétales pour l'alimentation des poissons d'élevage.
  • 04 Cadre réglementaire pour l'occupation des espaces marins ; surveillance renforcée des zones protégées et de reproduction.
  • 05 Cadre de concertation entre pêcheurs et exploitants pétroliers/gaziers ; normes environnementales strictes.
  • 06 Renforcement des capacités des pisciculteurs et facilitation de l'accès aux équipements de qualité par des subventions.
05

Tourisme et économie circulaire

Acteurs de l'écotourisme, élus, producteurs, femmes artisanes, ONG environnementales, chercheurs. Le tourisme : à la fois opportunité de développement local et menace pour les équilibres écologiques et sociaux s'il n'est pas repensé. Cap sur un modèle durable, inclusif et redistributif.

Problèmes identifiés

  • · Politiques touristiques jugées inadaptées, trop centralisées, lourdeurs administratives qui découragent les initiatives locales.
  • · Pression sur l'environnement et les ressources naturelles : changement climatique, gestion des déchets déficiente, accès limité à l'eau.
  • · Lien faible entre producteurs locaux et établissements touristiques ; produits du terroir peu valorisés.
  • · Partage inégal des retombées économiques au profit d'acteurs extérieurs ou du secteur informel non structuré.
  • · Écotourisme marginalisé : zones intérieures riches en biodiversité peu exploitées, faible intégration des communautés locales.
  • · Sous-valorisation du patrimoine naturel et culturel, homogénéisation de l'offre touristique.

Actions prioritaires

  • 01 Circuits courts entre producteurs agroécologiques et établissements touristiques ; labels de qualité pour produits bio, artisanaux, équitables.
  • 02 Marchés touristiques, festivals, expériences culinaires et boutiques artisanales pour valoriser les produits locaux.
  • 03 Soutien aux séjours écologiques (écolodges, gîtes ruraux), au tourisme domestique et chez l'habitant.
  • 04 Gestion des déchets : sensibilisation, tri, recyclage ; reforestation (mangroves) ; protection des sites sensibles.
  • 05 Décentralisation de la gestion du tourisme ; communautés impliquées dans la conception des offres.
  • 06 Assises Nationales du Tourisme, sensibilisation de l'ASPT, allègement des procédures pour les projets écotouristiques ; échanges avec Costa Rica, Rwanda.

Synthèse

Sept leviers, une transition

Les actions prioritaires des cinq groupes ont été regroupées en sept types, structurant les fonctions clés de la transition : gouvernance, planification, capacités, économie, innovation sociale, ressources, participation.

Type 01

Gouvernance et cadre institutionnel

Renforcer les cadres juridiques, réglementaires et politiques : application des lois, réforme foncière participative, reconnaissance des droits collectifs.

Acteurs
Collectivités, État, OSC, juristes, autorités coutumières
Échelles
Nationale, départementale, communale

Type 02

Planification territoriale

SIG, plans d'affectation des sols, cartes participatives pour anticiper les conflits d'usage et soutenir le développement local.

Acteurs
Collectivités, bureaux d'étude, services techniques, chercheurs
Échelles
Communale, départementale

Type 03

Renforcement des capacités et sensibilisation

Formations techniques, sensibilisation aux droits, vulgarisation agroécologique, campagnes de communication.

Acteurs
Producteurs, femmes, jeunes, OSC, techniciens, enseignants
Échelles
Locale, régionale

Type 04

Structuration économique et circuits de distribution

Circuits courts, points de vente, coopératives de transformation et de stockage.

Acteurs
Groupements de producteurs, commerçants, coopératives, collectivités
Échelles
Communale, territoriale

Type 05

Innovation sociale et certification participative

Systèmes Participatifs de Garantie (SPG) impliquant producteurs et consommateurs dans une certification collective et adaptée.

Acteurs
Producteurs, réseaux citoyens, consommateurs, collectivités
Échelles
Territoriale, nationale

Type 06

Protection et gestion durable des ressources naturelles

Reboisement, lutte contre l'extraction illégale, recyclage, protection des zones sensibles.

Acteurs
Services techniques, OSC, pêcheurs, jeunes, collectivités
Échelles
Littorale, régionale, communale

Type 07

Participation citoyenne et gouvernance inclusive

Forums, comités, médiation : espaces où femmes, jeunes et marginalisé.es peuvent peser sur les décisions.

Acteurs
Habitants, élus, leaders communautaires, facilitateurs
Échelles
Locale, territoriale

Jour II · 19 février

L'agroécologie mise en actes

Cinq scénettes créées avec la troupe Ka-Reng, où chaque groupe met en scène les tensions et les solutions de sa thématique. Le théâtre forum cristallise les enjeux et fait émerger des idées que les ateliers n'avaient pas formulées - comme le Système Participatif de Garantie, proposé par le public.

01

Agriculture et élevage

Baye Dunde - « Vivre de ce que j'ai cultivé »

Synopsis

Trois cultivateurs voient leurs terres vendues à un agrobusiness avec la complicité de la mairie. Le chef de village leur propose une parcelle de remplacement... aussitôt revendiquée par un berger peul. Une bagarre éclate. Le théâtre-forum s'ouvre par un jugement symbolique des personnages : à l'ombre les condamnés, au soleil les responsables, au centre le berger comme victime et acteur.

Réaction du public

« Qui a tort ? Que faire ? Comment les agriculteurs doivent-ils procéder avant d'exploiter une terre ? » : trois questions qui ont déclenché un débat vif sur la gouvernance foncière, les droits d'usage et les responsabilités collectives.

Ce que la pièce révèle

Conflits éleveurs/agriculteurs, accaparement foncier, ambiguïté des autorités locales : un théâtre comme miroir et catalyseur. L'absence d'issue claire est ce qui nourrit la réflexion.

02

Foncier et ressources naturelles

Lamane

Synopsis

Lamane, paysan, observe les effets du changement climatique sans en saisir les causes. M. Diouf, agro-businessman, lui annonce des hectares offerts pour un projet « bénéfique » incluant reboisement. Le fils de Lamane, étudiant en sociologie, alerte : Diouf a corrompu d'autres chefs de famille. Le projet démarre, aucun reboisement n'a lieu, l'exploitation du bois s'intensifie. Une réunion de médiation avec maire, agro-businessman, population et un agro-écologue rebat les cartes.

Réaction du public

Le public applaudit la lucidité du jeune homme. Plusieurs proposent une révision du projet ou le retrait du bail foncier ; d'autres insistent sur un contrôle populaire des décisions communales. Débat sur le rôle ambigu du maire, à la fois autorité et proche de l'agrobusiness.

Ce que la pièce révèle

Fracture entre savoirs traditionnels et nouveaux enjeux fonciers, pression des investisseurs, ambivalence des autorités. Dimension intergénérationnelle essentielle. Tension entre légalité administrative et légitimité sociale.

03

Chaînes de valeur

Arnaque au bio

Synopsis

Deux vendeurs de tomates (bio et conventionnelle) sont abordés au marché par un bana-bana (intermédiaire) qui rachète tout à bas prix. Il mélange les deux lots, prétend que tout est bio et revend cher à une transformatrice de sauce. Un consommateur européen tombe malade. Le maire convoque tous les acteurs - ONG, équipe municipale, agents, population - et l'empoisonnement met au jour l'absence de mécanismes de contrôle.

Réaction du public

Rires, puis vives réactions sur la confiance dans les circuits courts. Une intervention propose un Système Participatif de Garantie (SPG), où les acteur.ices de la chaîne s'auto-organisent pour garantir collectivement la qualité. L'idée est intégrée à la scène en direct. Final : une chanson-slogan collective.

Ce que la pièce révèle

Les circuits courts ne fonctionnent pas sans confiance ni contrôle collectif. Le SPG n'avait pas émergé en atelier : il apparaît ici, porté par le public. Limite : le manque de temps de création.

04

Pêche et littoral

Pêche malencontreuse

Synopsis

Un pêcheur respectueux des règles découvre que ses filets ont été sabotés ; l'autre rapporte des jeunes poissons capturés au monofilament interdit. Conflit. Une cliente déçue par la mauvaise qualité du poisson se tourne vers la vendeuse du pêcheur honnête ; la première revendeuse écoule ses petits poissons à une usine de farine. L'inspecteur de la pêche convoque, rappelle les règles et sanctionne.

Réaction du public

Prise de conscience des effets des pratiques illégales sur les ressources marines et la chaîne alimentaire. Le public reconnaît le rôle de la régulation mais insiste sur le soutien aux pêcheurs en transition. Co-gestion locale et formation des consommateurs proposées.

Ce que la pièce révèle

Dégradation des ressources, non-respect des règles, pression du marché, rôle des intermédiaires. La pièce cible les responsabilités individuelles mais effleure peu les causes systémiques (équipements durables, contrôles, traçabilité).

05

Tourisme et économie circulaire

Tourisme et économie verte

Synopsis

Un promoteur local et un investisseur étranger projettent un hôtel de luxe promettant des centaines d'emplois. Le comité des jeunes et le chef rejettent le projet, jugé trop envahissant. L'investisseur étranger quitte les lieux. Plutôt que de revenir au chômage, les jeunes proposent un festival local de culture et de gastronomie agroécologique. Promoteur, médiateur et comité s'accordent : le festival est lancé.

Réaction du public

Public enthousiaste sur la transformation du refus en opportunité locale. Adhésion forte au tourisme durable et à la valorisation des cultures locales. Échanges sur le besoin d'un développement maîtrisé et co-construit.

Ce que la pièce révèle

Une communauté peut refuser un projet imposé et construire une alternative enracinée. Les jeunes moteurs de transformation. La pièce reste silencieuse sur les outils concrets pour sécuriser cette initiative dans le temps (financement, gouvernance, appui technique).

Jour III · 20 février

Vision 2050 et mission DyTAEL

Dernière phase : construire un cap mobilisateur à l'horizon 2050, et identifier les leviers que la DyTAEL Mbour devra incarner.

Vision 2050

« En 2050, le département de Mbour atteint la souveraineté et la sécurité alimentaire pour une résilience et une prospérité à travers l'agroécologie. »

Mission DyTAEL Mbour

« La DyTAEL Mbour a pour mission de mettre à l'échelle l'agroécologie à travers la sensibilisation, l'information, le réseautage, le plaidoyer, le renforcement de capacité, la coproduction et le partage de connaissances. »

Cinq piliers concrets

  1. 01

    Sensibiliser et informer la communauté sur l'agroécologie, dans une logique de changement de comportements et de mentalités.

  2. 02

    Mettre en réseau les acteurs des chaînes de valeur, pour favoriser coopérations, complémentarités et filières locales.

  3. 03

    Faire du plaidoyer pour l'intégration de l'agroécologie dans les politiques publiques de développement local et départemental.

  4. 04

    Renforcer les capacités des acteurs (producteurs, collectivités, femmes, jeunes, OSC) sur les pratiques agroécologiques et les outils de gouvernance partagée.

  5. 05

    Faciliter la coproduction et le partage de connaissances entre les différents acteurs du territoire, en s'appuyant sur des dispositifs participatifs d'apprentissage.

Conclusion

Un acte politique et culturel

Cet atelier dépasse le cadre d'un simple diagnostic pour devenir un acte politique et culturel de transformation. La suite dépendra de la capacité collective à maintenir la dynamique : feuille de route, animation continue de la DyTAEL, alliances avec collectivités, institutions et bailleurs. La transition agroécologique à Mbour ne se décrète pas - elle se construit dans la durée, par l'écoute, l'engagement, l'expérimentation, et la mise en réseau d'initiatives enracinées dans le territoire.

Équipe

Animation et partenaires

Facilitation

  • Patrick Bottazzi
  • Lise Landrin
  • Anta Faye
  • Sidy Tounkara
  • Joan Bastide
  • Jean-Michel Waly Séne
  • Yunuça Gueye
  • Absa Mbodj

DyTAEL Mbour - Petite Côte

  • Ndeye Fatou Dieng
  • Ibrahima Ba

Troupe Ka-Reng

  • Insa Bodian
  • Adja Coly
  • François Coly
  • Fayenké

Dessins

Oddia · dessinateur de presse

Partenaires consortium

  • UNIBE-GIUB
  • IPAR
  • ENDA-PRONAT
  • CREATES

Pour citer ce document : CONSORTIUM ARTS, 2025, L'agroécologie en scènes. Actes d'atelier de scénarisation transformative, DyTAEL de Mbour, 18-20 février 2025.
Contact : patrik.bottazzi@creates.ngo

Et ensuite

De la scène à l'atlas, du théâtre au plaidoyer

L'atelier de Mbour s'inscrit dans la continuité directe de la scénarisation prospective de Bignona et nourrit la cartographie des initiatives agroécologiques. Il prolonge aussi la dramaturgie déployée par la troupe Ka-Reng dans la pièce forum « Terre de toutes les convoitises ».