Terrain
- 64 initiatives agroécologiques visitées
- 20 études de cas approfondies
- 40 questionnaires SAAT
- Entretiens semi-directifs
- Ateliers multi-acteurs et théâtre-forum
- Cartographie participative
Mbour, Petite-Côte · Février 2026
Systèmes alimentaires agroécologiques territorialisés du département de Mbour. 64 initiatives visitées, 20 études de cas, 7 axes d'analyse SAAT.
64
Initiatives visitées
20
Études de cas
191 121
ha étudiés
935 000
Habitants
13
Communes
Méthodologie
Trois piliers articulés : un travail de terrain dense, une grille d'analyse SAAT à 7 axes, et un territoire posé dans ses chiffres.
Terrain
Analyse
Territoire
Géoportail interactif
Toutes les couches cartographiques, sources et données du diagnostic, en exploration libre.
Contexte
Le triangle Dakar-Thiès-Mbour concentre 29 % de la demande alimentaire nationale. L'autoroute (2019), l'aéroport AIBD (2017) et le futur port de Ndayane transforment ce territoire en extension périurbaine de Dakar.
Sols et accaparement foncier
Structurellement dépendant de l'irrigation. Les 25 % de sols fertiles sont les premiers ciblés par l'agrobusiness.
70%
Facile à mécaniser, faible rétention en eau et nutriments. Improductif sans irrigation.
25%
Meilleure fertilité naturelle, meilleure rétention hydrique. Les plus convoités par l'agrobusiness.
5%
Sols refuges du maraîchage familial. Surface marginale, grignotage par l'urbanisation.
25 % des sols sont fertiles. Ce sont les premiers accaparés. Zéro zonage de protection agricole.
Occupation du sol 2010-2020
Sources : ANAT, CSE, ANSD 2020. Département de Mbour (191 121 ha).
Tout ce qui progresse est lié à l'artificialisation. Tout ce qui recule est un espace naturel.
Gouvernance territoriale
64 % des initiatives ignorent l'existence de la DyTAEL. La gouvernance agroécologique n'est pas encore en place.
Connaissance de la DyTAEL
Répartition du pouvoir de décision
7 fonctions DyTAEL à activer
Outils innovants déployés
Cartographie participative
Trois localités (Tchicky, Thiafoura, Sandiara) : savoirs locaux intégrés au SIG, restitués aux CVD.
Théâtre forum
Conflits générationnels et de genre mis en dialogue, espaces de parole équitables créés.
Scénarisation transformative
Projection dans des futurs souhaitables ou à éviter, co-construction de trajectoires.
Polarisation
Frange côtière sous pression, front agrobusiness intérieur, arrière-pays pluvial.
Frange côtière
Front intérieur
Intérieur profond
La pression ne reste pas côtière. Sandiara montre que l'agrobusiness progresse vers l'intérieur dès que le foncier le permet.
Agrobusiness
Croissance et emprise foncière sur fond de stress hydrique chronique.
+85 %
surfaces irriguées (1 144 → 2 116 ha entre 2010 et 2020)
~30
fermes de 50 à 400 ha
350 ha
Produmel (Espagne) : melon export à Nguéniène
-12 m
nappe phréatique depuis les années 1960 - salinisation des aquifères (+85 % tannes)
Sans eau, on ne peut rien faire. Le forage communautaire a été repris par une entreprise qui fait du melon pour l'export...
Impacts sur le territoire
Prélèvements massifs sur une nappe déjà déficitaire. Compétition directe avec les usages domestiques et paysans.
Délibérations communales détournées. Couloirs pastoraux coupés. Terres villageoises encerclées par les fermes.
Salariat précaire et saisonnier, sans protection sociale. Usage massif de pesticides près des habitations et points d'eau.
Aucune retombée alimentaire locale. Valeur ajoutée captée par des opérateurs étrangers (Espagne, Chine, Pays-Bas).
Intrants vs agroécologie
734 tonnes d'engrais chimiques distribuées à Mbour. Seulement 20 % des semences d'arachide prévues ont été livrées. L'agroécologie reste très peu dotée.
Ce que l'État finance
734
tonnes d'engrais (1/3 de toute la région de Thiès)
Ce que l'agroécologie reçoit
20%
20 % des semences d'arachide prévues effectivement distribuées (campagne 2022-2023)
Peut-on prétendre soutenir l'agroécologie quand on subventionne 734 tonnes d'engrais chimiques et qu'on ne livre que 20 % des semences promises ?
Chaînes de valeur
Trois circuits, trois problèmes, trois leviers de transformation.
Trois circuits, trois problèmes
Marchés locaux - pas de différenciation bio/conventionnel, intermédiaires captent la valeur
Flux vers Dakar (29 % de la demande nationale) - pistes rurales dégradées, coûts de transport, dépendance aux grossistes
Export (melon, haricot vert, mangue) - invendus déversés sur marchés locaux à prix cassés, ruinent les petits producteurs
Dépendance aux importations : Riz (Vietnam, Thaïlande), lait en poudre, huile végétale, poulets congelés à prix défiant toute concurrence locale.
Trois leviers de transformation
Levier 1
Hôtels et restaurants de Saly recherchent produits locaux et traçables. Écotourisme prêt à payer le prix. Restauration collective publique (cantines, hôpitaux) : embryonnaire mais énorme potentiel.
Levier 2
Marché bio Dialaw (hebdomadaire, Ferme des 4 Chemins). Paniers paysans (modèle AMAP). Vente en bord de route sur l'axe Dakar-Mbour.
Levier 3
Label Bio : coût élevé, accessibilité limitée, audit externe, langue admin. SPG : coût faible, large accessibilité, contrôle social, langues locales.
Organisation du travail
Les femmes assurent une large part du travail agroécologique, avec un accès limité au crédit et à la terre.
Femmes - ce qu'elles font
73 %
des effectifs agroécologiques
70-80 %
de la main-d'œuvre agricole
5 000+
transformatrices de poisson
Ce qu'elles reçoivent
Jeunes
50 %
de la population a moins de 20 ans
15 %
des jeunes agriculteurs accèdent au crédit formel
140/150 000
bénéficiaires du programme Agri-Jeunes Tekki Ndawni
Salariat précaire
2 500 - 3 000 FCFA/jour
sans protection sociale, souvent saisonnier. D'anciens paysans deviennent ouvriers agricoles sur les terres qu'ils cultivaient autrefois.
73 % de la force de travail, moins de 10 % des crédits, zéro titre foncier. Le travail des femmes finance la transition sans en bénéficier.
Moyens de subsistance
13 % des ruraux accèdent au crédit formel - trois fois moins que la moyenne nationale.
13%
Ruraux Mbour
39.8%
Moyenne nationale
Obstacles structurels
95 %
des terres sans titre formel - pas de garantie bancaire
0
ligne budgétaire publique dédiée à l'agroécologie
15,6 %
des initiatives maîtrisent production + transformation + vente
0 %
des exploitations tiennent une comptabilité
Innovations qui fonctionnent
68 ménages ont stocké 38 tonnes de mil et obtenu 3 M FCFA de crédit à 12 % (contre 50-100 % dans les circuits informels).
Mlouma : 75 000 utilisateurs (bourse agricole en ligne). BaySeddo : 125 M FCFA mobilisés via crowdfunding agricole.
809 producteurs certifiés, 664 t de produits commercialisés, 453 M FCFA de valeur.
Couverture des risques climatiques basée sur indices météo, subventionnée à 50 % par l'État.
13 % d'accès au crédit, zéro comptabilité d'exploitation, zéro budget agroécologie. Les outils existent, pas le passage à l'échelle.
Facteurs socioculturels
Le mil recule au profit du riz importé. L'agroécologie ne peut être un modèle importé : elle doit s'appuyer sur les savoirs existants.
Vernaculaire
Technique / ONG
Les semences paysannes, mieux adaptées aux conditions locales, peinent à être reconnues. Deux modèles coexistent : l'un capitalistique, l'autre fondé sur la résilience.
Trois systèmes de savoirs menacés
Sérères
Pratique : Rotation jachère/mil, intégration agriculture-élevage, gestion collective des terroirs
→ Menace : Jachères disparues, boucles rompues, exode des jeunes
Lebous
Pratique : Calendriers de pêche, repos biologique, conservation (kethiakh, guedj)
→ Menace : Surpêche industrielle, usines de farine, érosion côtière
Peuls
Pratique : Transhumance régulée, connaissance des pâturages et points d'eau
→ Menace : Couloirs fermés, points d'eau privatisés, conflits d'usage
L'identité comme levier
Synthèse
Quatre verrous identifiés. Aucun ne se lève sans coordination.
1/13
commune planifie
Spéculation, pas de SCADT, droits coutumiers fragilisés, privatisation des communs.
+85 %
surfaces irriguées
Compétition agriculture vs tourisme vs industrie, salinisation des nappes.
70 %
sans réseau
70 % des initiatives hors réseau, 64 % ne connaissent pas la DyTAEL, pas de certification accessible.
0
étude d'impact alimentaire
Planification sectorielle, grands projets déconnectés, femmes exclues des décisions.
À la croisée des chemins
Sans action coordonnée
Avec transition agroécologique
Appel
La DyTAEL est prête à coordonner. Le territoire attend un signal politique.
01
SCADT communaux avec zones agricoles protégées. Renforcer les commissions foncières avec les producteurs.
02
Réhabiliter les infrastructures hydrauliques. Irrigation économe. Gestion collective (ASUFOR).
03
Marchés paysans, SPG territorial, infrastructures de transformation et stockage mutualisées.
04
Accès foncier et crédit pour les femmes. Formation adaptée pour les jeunes. Équité dans la gouvernance.
05
Clauses locales dans les ZES. Études d'impact alimentaire obligatoires pour les projets structurants.
06
Documenter les savoirs locaux menacés. Éducation alimentaire scolaire. Sensibilisation grand public.
Sources et références
Données quantitatives
ANSD
Recensement général, projections démographiques 2013-2023
CSE
Occupation des sols 2010-2020, imagerie satellite
WorldPop
Densités de population spatialement désagrégées (2024)
ANAT
Planification territoriale, zonage
DRDR Thiès
Engrais minéraux, campagne 2018-2019
DAPSA
Semences subventionnées, campagne 2022-2023
FAO / CRODT
Statistiques halieutiques, captures
Données de terrain
Enquête initiatives AE
64 initiatives visitées, questionnaire SAAT (n=40), 2024
Études de cas
20 études approfondies (entretiens semi-directifs), 2024
Cartographie participative
Ateliers multi-acteurs, Sandiara et Sindia, 2025
Théâtre-forum
Restitution et validation communautaire, 2025
Entretiens experts
Services techniques, élus, leaders paysans, 2024-2025
Cadre institutionnel
LOASP (2004)
Loi d'orientation agro-sylvo-pastorale
Code forestier (2018)
Régime des forêts classées et déclassements
Acte III Décentralisation
Transfert de compétences, SCADT communaux
Stratégie AE (MAER, 2023)
Stratégie nationale agroécologie
ZES (APIX)
Zones économiques spéciales, régime dérogatoire
Citation : DyTAEL MBOUR, 2026, Diagnostic territorial des Systèmes Alimentaires Agroécologiques Territorialisés. Département de Mbour - Petite-Côte. Projet ARTS-SOR4D, FNS / DDC.
Coordination : Université de Berne, IPAR, ENDA Pronat, DyTAES. Financement : Fonds National Suisse / Direction du développement et de la coopération suisse.
Continuer
Les couches cartographiques, sources et données brutes du diagnostic, ouvertes à l'exploration.
Du diagnostic à la prospective : 3 jours, 5 groupes thématiques, 5 pièces de théâtre forum, une vision 2050.
Carte interactive des 100 initiatives agroécologiques recensées, Bignona et Mbour.